Un voyage dans le passé, dans le Pays des Motzi

Un voyage dans le passé, dans le Pays des Motzi

Disponible aussi en Roumain et Anglais

De nouveau dans les Apuseni! Notre idée été de passer par les Gorges de Rametz car le temps s’annonçait très chaud et on savait que là nous trouverions aussi de l’ombre. Pour la première fois sans plans, sans itinéraires fixes ou sans cartes attentivement étudiées, nous allions établir sur place ce que nous allions faire ensuite.

Dans les montagnes de Trascău, par un chemin qui part de Teius, on arrive au Monastère de Râmeţ. La route est récemment bitumée, donc on peut y arriver sans aucun problème. Il s’agit d’un monastère dont la fondation remonte au XIV-eme siècle et il est l’un des plus anciens de la Transylvanie. Maintenant, il est en grande partie rénové et considérablement agrandi, mais on peut encore visiter l’ancienne église. Il est situé dans un cadre pittoresque car d’un côté et de l’autre de la vallée il y a des roches qui ressemblent aux crinières des animaux préhistoriques. Elles forment ce qu’on appelle les Gorges du Monastère, des nombreuses réserves de la région.

La première fois que nous sommes arrivés ici, nous avons suivi un circuit des zones d’escalade des Apuseni. Notre guide a tenu à nous emmener ici, dans les Gorges du Monastère, où l’on avait aménagé des trajets pour l’escalade et pour l’alpinisme. La région nous a impressionnés et nous avons promis d’y revenir. La première fois nous avons réussi à nous promener à travers Les Gorges de Rametz, mais sans atteindre la sortie. Nous ne savions pas ce que nous perdions!

Cette fois-ci nous avons décidé que nous devions absolument voir ce qu’il y avait au-delà des gorges. Le temps était enfin bon, mais les traces du torrent étaient visibles partout et la rivière était assez gonflée. Nous sommes bien arrivés. La première nuit nous avons dormi à la belle étoile et nous avons joui d’un ciel magnifiquement étoilé.

Le jour suivant nous avons roulé plus près des gorges. Après avoir dépassé la La Cabane de Rametz et plusieurs maisons de vacances, nous avons garé la voiture. Nous avons pris nos petits sacs à dos et nous sommes partis, impatients de faire de nouvelles découvertes. Une année auparavant, lorsque nous avions traversé les gorges, nous avions passé la rivière car, en certains endroits, l’eau était jusqu’à la taille. Il y a aussi quelques marchepieds aménagés au-dessus de l’eau jusqu’à un certain point, mais à partir de ce point-là, les câbles parfois rompus n’aident guère plus. Mais alors nous nous étions rafraichis et nous nous étions bien amusés. Cette fois-ci, en échange, nous avons eu quelques inquiétudes à cause de ces eaux gonflées. Nous savions qu’il y a un trajet touristique qui traverse les gorges par dessus. Heureusement on l’a trouvé et de cette façon la promenade a été extraordinaire. Le sentier étroit et aérien nous a offert une vue excellente et une perspective différente sur les gorges qu’on pouvait apercevoir au-dessous des murs abruptes sur lesquels nous marchions. Nous en sommes descendus à la sortie des gorges, en rejoignant ainsi le trajet touristique.

Peu de temps après on allait arriver à un musée du village vivant. À la sortie des gorges, il y a un village ancien appelé Cheia. Actuellement, il est abandonné. A la sortie du village il n’y a plus qu’une seule maison, habitée par une petite vieille. Nous l’avons vue sortir sur la terrasse au moment où nous avons passé par là et elle, elle nous a regardés. D’ailleurs, la plupart des maisons sont envahies d’orties et de mauvaises herbes. Ici et là, parmi les arbres de la lisière de la forêt on voit encore quelque chose qui ressemble à une grande meule. Il s’agit, en fait, d’une autre maison. Ce sont les maisons traditionnelles de la région. Nous sommes entrés dans certaines d’entre elles, nous avons seulement contourné les autres. Quelques unes sont encore en bon état, les autres sont déjà en ruine. Quand ces maisons étaient encore habitées les gens allaient aussi à l’église. Maintenant les quelques tombes de sa cour sont envahies de végétation. Ceux-ci sont probablement les derniers habitants. Nous avons identifié aussi une école, dans un très petit immeuble, sur les murs de laquelle il y a deux cartes de la région. La rivière coule parmi les maisons et pour en visiter plusieurs on a dû passer par de petits ponts spécifiques, ces ponts-là faits d’un tronc d’arbre taillé et placé au-dessus de la rivière. Les villageois de Cheia n’avaient pas d’électricité et pas même de rues. La seule voie d’accès vers le grand monde était un sentier à travers la forêt, qui passe par la vallée et monte vers le village suivant. Il nous a fallu à peu près une heure pour y arriver en empruntant ce chemin-là.

La visite du village a été un voyage dans le passé. Là, les gens vivaient de la même façon qu’il y a un demi-siècle. Ils survivaient grâce aux quelques animaux qu’ils élevaient et grâce à la chasse. Nous avons été bien impressionnés par cette maison-là encore habitée. Comment est-ce que cette petite vieille aurait-elle dû se sentir en sachant qu’elle était le dernier habitant d’un village où tous étaient morts ou partis, un à un, et que leurs maisons allaient disparaitre bientôt,  de même que les dernières traces de cet emplacement?

En route vers le village suivant nous avons vu en bas encore une maison, dans la vallée. Nous avons regardé plus attentivement et nous nous sommes rendus compte qu’elle était habitée. Juste à ce moment-là, une petite vieille en sortait : un gros sac sur son épaule, elle s’est mise à monter la pente jusqu’au sentier qu’elle allait emprunter pour marcher une heure environ jusqu’au premier village.

Après un parcours très agréable dans la forêt, en traversant de temps à autre des clairières, nous sommes arrivés dans le village de Bradesti. Avant l’apparition des premières maisons nous avons dû sortir de la forêt sur un pâturage où le soleil nous a frappés dans la tête et nous avons réalisé, combien, en fait, il faisait chaud. On n’avait pas vainement annoncé la canicule. Le village a peu de maisons et une église au centre. S’il n’y avait pas eu celle-ci j’aurais dit qu’il s’agissait seulement de quelques maisons isolées. Mais nous y avons découvert un magasin où nous avons bu du jus et nous avons aussi constaté qu’à partir de là plusieurs chemins se ramifient vers les principales attractions des Apuseni. Et nous reviendrons pour celles-là aussi.

Du village de Bradesti nous sommes allés 7 km sur une route tres agréable qui nous a mené au village de Rametz. C’est une route communale qui commence à Aiud et accompagne les collines vers le cœur des montagnes, en traversant plusieurs villages. Rametz c’est un village dispersé dont les maisons sont éparses. Les mêmes maisons au toit de chaume sont prédominantes. On était au-dessus des Gorges de Rametz. Devant nous se déployaient les Gorges du Monastère qui s’étendent jusqu’en haut, près du village.

Nous savions qu’à partir de Rametz il y a une route qui descend au Monastère Rametz, derrière les gorges. Mais nous savions aussi que, derrière la Cabane Rametz il y a un autre village, La Valée de Uza. Nous avons regardé en bas et nous avons vu quelques maisons et le clocher d’une église. Donc nous nous sommes orientés de façon à respecter cette direction. La Vallée d’Uza a peu de voies d’accès pour les automobiles et tout le village est en pente. L’église est située dans le centre, sur une petite parcelle de terre plate. La porte de la cour était ouverte, donc nous sommes entrés et nous avons entouré le bâtiment. En allant plus loin, nous avons dépassé plusieurs « meules », c’est-à-dire les mêmes maisons qui nous avaient enchantés en parcourant tout ce trajet.

Après un assez long chemin descendant nous sommes arrivés enfin à la cabane de Rametz. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous nous sommes rendus compte que nous nous étions promenés si haut. D’ici, nous avons dû aller récupérer la voiture qui était à l’entrée dans les gorges. Nous ne nous attendions pas à arriver si loin ou à voir des lieux tellement beaux. C’est une preuve en plus qu’on peut faire des voyages réussis même en l’absence de toute planification. Nous avons voulu voir seulement où nos pas allaient nous porter.

Le jour suivant nous devions nous mettre en route vers Fagaras, mais on en parlera dans un autre épisode!

Ce voyage a été réalisé en Juin 2010.

Traduction réalisée par Oana Mocanu et Monica Iorga, IIe année LMA, Faculté des Lettres de Constanta

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Urmărindu-și una dintre pasiuni, Octavia a hotarât să studieze literatura. O altă pasiune, precum și mare iubire, este muntele. De aceea Octavia vrea să ajungă în cele mai îndepărtate si ascunse colțuri ale naturii. Pentru ea, fiecare călătorie făcută este o aventură plină de emoții și impresii puternice ce trebuie împărtășite cu oricine dorește să asculte.