Le Mémorial de la Douleur et l’Homme sans mémoire

Le Mémorial de la Douleur et l’Homme sans mémoire

Tout le monde a forcement entendu parler de Harry Potter: il y avait, dans le livre, des personnages appelés les Dementeurs, qui, par leur présence et leur terrible baiser, suçaient la force, le bonheur et toute pensée positive de leurs victimes…C’est comme ça que je me suis sentie après la visite dans ce musée de Sighetu Marmaţiei– sans aucune force ou once d’optimisme.

Tout d’abord, imaginez-vous une pièce simple, dont les murs sont couverts de plans de la Roumanie. Le visiteur entend la voix grave et triste de la poétesse Ana Blandiana, pendant que ses yeux sont terrifiés par la densité des croix blanches qui marquent les prisons, les endroits où on effectuait travail forcé, les faux asiles psychiatriques, les endroits où des prisonniers ont été exécutés ou les tombes communes. Dans la pièce suivante, quelques panneaux couvrent la majorité des événements politiques qui ont transformé la Roumanie dans un campement politique pour trop années terriblement chargées en abus. Et c’est seulement le début.

Au Mémorial des Victimes du Communisme et de la Résistance une visite rapide est inutile. C’est comme si on feuilletait un livre sans en lire le contenu, mais en essayant d’en discuter après. Il peut y avoir des gens plus instruits, qui se sont documentés sur l’histoire réelle de toutes ces atrocités, mais j’ai tendance à croire que la majorité des visiteurs qui passent sans s’arrêter sont des gens comme moi, des ignorants heureux qui n’ont pas eu des victimes dans la famille, qui ont refusé de chercher des détails, qui ont compris la gravité des faits mais pas leurs ampleur. J’ai plusieurs fois failli de laisser couler mes larmes en regardant les textes et les photographies exposés. Malgré les heures passées dans le musée, je n’ai pas eu le temps de tout lire : il y a avait beaucoup trop d’informations!

Chaque salle, chaque cellule a son concept, son histoire et sa tragédie. Et leur nombre n’est pas modeste, elles s’étendent sur trois niveaux, rez-de-chaussée inclus. Quand j’ai visité l’endroit, les traductions manquaient; il y a avait quelques explications sur des feuilles volantes, mais les informations ne souffriraient pas au touriste étranger qui aurait pu souhaiter plus que ce qui l’image lui offrait. En ce qui concerne le reste, la réalisation de chaque pièce est à la hauteur, en mettant le musée dans une position unique dans le paysage européen. Je n’avais pas visité un tel endroit auparavant, mais ce que j’ai vu dans les yeux et les témoignages de ceux qui ont pu faire la comparaison a été suffisant…

Quoi dire de plus ? Trop peu pour pouvoir illustrer ce qui s’est réellement passé…600 000 roumains arrêtés et condamnés entre 1945 et 1989! 200 000 autres déportés ou mutés. Des nom tels que ceux de Iuliu Maniu, Ion Mihalache, Brătianu, le génocide sur la culture et les arts, les académiciens emprisonnés, la torture, le déracinement de la foi, les vers transmis par le langage Morse de cellule en cellule, les petits objets des femmes arrêtées, le kitch du communisme de Ceauşescu…tous ces détails et preuves peuvent sérieusement secouer la croyance qu’un peuple qui a été agenouillé si longtemps pourra rebondir à l’avenir.

« Regardons en arrière pour qu’on puisse avancer, disait Vladimir  Ghica ou « Celui qui oublie son passé est obligé à le répéter », nous attire l’attention George Santayana.

C’est exactement ce que ce musée essaye de faire, lutter contre l’une des plus grandes victoires du communisme : l’homme sans mémoire. Tout en espérant qu’il viendra un temps quand ce pourcentage incroyablement important de roumains qui regrettent le régime communiste comprendront l’histoire et cesseront de répéter à l’infini les mêmes erreurs. Croyez-vous que cela est possible? Quelles sont les chances que nos enfants ont, dans ce contexte?
Allez là-bas, lisez, essayez de comprendre, souffrez parce que vous n’y arrivez pas! Reposez vous ensuite dehors, dans la cours intérieure et observez la liste interminable des noms des victimes. Regardez le groupe des statues, qui se dirigent droit dans le mur, sans aucune chance. Et transmettez le message…


Programme:

Lundi-Dimanche: 9h30-19h30(15 Avril-15 Octobre)

Mardi-Dimanche:  10h00-16h00(10 Octobre-14 Avril). Fermé le Lundi.

Coût du billet: environ 1 Euro

Version roumaine: Roxana Farca

Version française: Alina Danciu

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Antreprenor şi fondator al LumeaMare.ro, Roxana a părăsit o carieră de 14 ani în publicitate pentru a se dedica unei mari pasiuni: călătoriile. În prezent studiază artele plastice și fotografia, iar când rămâne timp mai scrie despre călătoriile pe care le face cu familia, despre cultură, natură sau oameni şi despre toate experienţele pe care le trăieşte în lumea cea mare.